
“La solution CATIA marque une nouvelle étape déterminante dans notre approche industrielle et favorise nos capacités d’innovation et de croissance vers de nouveaux marchés.”
Des hommes en quête d’absolu, prêts à affronter, au risque de leur vie, l’Everest des mers pour vivre leurs rêves les plus fous, ont suscité des vocations entrepreneuriales chez leurs pairs. Gilles Ollier est dès son plus jeune âge en osmose avec l’univers maritime et choisit naturellement de devenir architecte naval. L’étudiant de dix-neuf ans en 1967 n’aura que deux maîtres mots : créer et inventer. Fasciné par l’objet « bateau » plus que par la navigation, il sera concepteur-architecte plutôt qu’architecteconcepteur et s’intéressera davantage à la réalisation qu’à la planche à dessin. Il fonde Multiplast en 1981, un chantier naval spécialisé dans une toute nouvelle discipline : la construction des multicoques de course au large.
Révolution des performances
La route du Rhum de 1978, c’est l’an 01 de la course spectacle et des multicoques au large. C’est aussi l’an 01 du sponsoring voile, outil majeur de communication des entreprises à l’échelle mondiale. Pourquoi les multicoques vont-ils plus vite que les monocoques ? Parce que, à poids égal, ils sont plus stables et peuvent porter plus de voilure. Encore faut-il qu’ils soient légers et résistants face aux éléments naturels. Gilles Ollier ne manquera pas ce virage technologique et vise le « plus léger, le plus stable et le plus toilé » des bateaux. A cette période charnière, les matériaux composites étaient récents et restaient confinés dans des applications stratégiques ou militaires. Dès l’origine, Multiplast croit à ces nouvelles technologies et adopte une posture prospective. En effet, les qualités de légèreté, de rigidité et de résistance propres aux matériaux composites permettent un allègement maximal des structures tout en conservant leur solidité. L’entreprise va dès lors se développer autour de ce formidable potentiel tout d’abord par le nautisme de compétition et ensuite par la fabrication de grandes pièces industrielles.
Volvo Ocean Race 2011-2012
Créée en 1973, Whitbread Round The World Race, la plus prestigieuse des courses autour du monde en équipage et avec escales, est aujourd’hui baptisée Volvo Ocean Race. Pour la première fois depuis 1993, un bateau tricolore, le « Groupama 4 » - monocoque de 21,50 mètres de long et 14 tonnes fabriqué par Multiplast - affrontera six concurrents. Tout est sacrifié à la performance : coque, pont, mât, gréement et équipement sont en carbone. Départ d’Alicante en novembre 2011, arrivée prévue en juillet 2012 à Galway pour un parcours long de 39.270 milles marins (73.000 km).
Une aventure high-tech
Pionnière dans la construction de navires en matériaux composites (carbone/époxy), Multiplast est une référence mondiale dans le monde des records de la course au large : Club Med, Orange, Géronimo, Groupama, Britair incarnent des courses mythiques et vertigineuses telles que l’America’s cup, le Trophée Jules Verne, la Route du Rhum ou le Vendée Globe. La combinaison, au sein de la même entreprise, d’un bureau d’architecture navale, le « Gilles Ollier Design Team », et d’un atelier de 4 500 m², dédié à la mise en oeuvre de matériaux composites, permet d’avoir une approche professionnelle globale. « L’utilisation de matériaux composites offre d’extraordinaires opportunités pour innover. Cinq fois plus légers à résistance égale par rapport à l’acier, ils ne se dilatent pas et donc ne se déforment pas. Ils permettent d’optimiser la masse des objets, de produire des formes complexes, de réduire les coûts des outillages et d’améliorer la tenue en fatigue et la résistance à la corrosion ainsi qu’aux hautes températures » , souligne Dominique Dubois, Président de Multiplast. « Les bateaux sont trois fois plus rapides qu’il y a trente ans et nous sommes fiers d’avoir battu cinq records autour du monde. L’expertise de la filière composite que nous avons très tôt développée nous confère des compétences pointues pour mettre en oeuvre des applications industrielles innovantes dans des domaines stratégiques ». Multiplast s’est en effet démarquée dès 1995 dans le monde de l’aéronautique en réalisant pour le compte de grands donneurs d’ordre des pièces en composites de haute technologie. Aujourd’hui, 50% de sa production sont essentiellement dédiés à l’industrie aéronautique et spatiale (simulateurs de vols, entrée d’air des réacteurs pour l’Airbus A350 et A380, etc.) et la Défense (Antenne radar Coast Watcher 100 - radar de surveillance côtière - pour Thalès).
« CATIA thinking »
Le 9 novembre 2010, Franck Cammas remporte la 9ème route du Rhum à bord de Groupama 3 en 9 jours, 3 heures, 14 minutes et 47 secondes : une magnifique performance pour ce marin mais aussi pour l’équipe Multiplast qui a fabriqué ce maxi trimaran. « Grâce à la maquette numérique intégrée de la solution Marine de CATIA et le module composite associé, nous pouvons, en mode collaboratif, intégrer la gestion des processus métiers à des outils de pointe pour la conception, l’ingénierie et la planification de la production. Les données échangées entre le design team, le bureau d’études et l’atelier sont fiables car les modifications effectuées sont mises à jour en temps réel. Nous avons réduit nos temps de développement et de conception d’environ 10%, tout en explorant beaucoup plus de solutions techniques pour un meilleur design », précise Yann Penfornis, Directeur Général de Multiplast.
Multiplast a réduit ses temps de conception et de développement d’environ 10%.
Cap vers de nouvelles constellations
« La solution CATIA marque une nouvelle étape déterminante dans notre approche industrielle et favorise nos capacités d’innovation et de croissance vers de nouveaux marchés», se réjouit Dominique Dubois. Multiplast, nouveau symbole du luxe ? « Nous avons réalisé en juin 2011 "Fibre de Cristal", un lustre plat en fibre de carbone incrusté de pampilles, dessiné par Moatti et Rivière pour le compte de la célèbre cristallerie Baccarat. Ce nouvel univers met en lumière les qualités esthétiques et structurelles de ce matériau et ouvre des perspectives innovantes dans le monde du design. »
Article réalisé par Corinne Hirzel et paru dans le Contactmag Automne 2011 de Dassault Systèmes, novembre 2011


